Cybersécurité

Quels sont les principaux malwares en 2024 et comment s’en protéger ?

Par Maxime
6 minutes

Une cybermenace en perpétuelle évolution : portrait des malwares actuels

Chaque année, le paysage numérique se transforme et avec lui, les menaces informatiques évoluent. Les malwares, ces logiciels malveillants aux formes multiples, demeurent l'un des plus grands périls pour particuliers, entreprises et institutions. En 2024, ils gagnent encore en sophistication, exploitant nos usages connectés, l’intelligence artificielle et les failles humaines. Comprendre les grandes familles et méthodes d’attaque est le premier rempart — cooltech.fr passe en revue l’arsenal cybercriminel et vous livre les meilleures stratégies de prévention pour garder l’esprit serein.

Panorama des principales familles de malwares en 2024

  • Ransomwares : Ces malwares chiffrent vos données puis réclament une rançon pour leur restitution. En 2024, ils visent moins le grand public que les hôpitaux, PME et collectivités, mais les campagnes restent massives. Les variantes comme LockBit, BlackCat ou Royal adaptent leurs méthodes, cryptent plus vite, détruisent les sauvegardes et tentent l’extorsion double (chiffrement + menace de publier les données volées).
  • Stealers et voleurs d'identifiants : RedLine Stealer, Racoon, Vidar ou le récent Lumma ciblent les navigateurs web, gestionnaires de mots de passe, cryptowallets. Ils siphonnent vos identifiants, coordonnées bancaires et données sensibles à distance. Leur propagation via de fausses mises à jour ou cracks logiciels est redoutable.
  • Trojans bancaires : Ces chevaux de Troie se glissent dans des applications ou sites pirates, capturent les frappes clavier, prennent des captures d’écran ou injectent de faux formulaires. En 2024, Emotet, IcedID ou QBot restent en tête, toujours diffusés par e-mails piégés ou liens frauduleux.
  • Spywares et stalkerwares : Leur but : surveiller discrètement l’activité d’un PC ou smartphone, parfois à des fins d’espionnage professionnel ou familial. Les applications espionnes prolifèrent, souvent déguisées en appli de suivi parental ou d’optimisation. Elles peuvent activer la caméra/micro, suivre la géolocalisation et extraire la messagerie.
  • Bots et réseaux de botnets : Les malwares conçus pour prendre le contrôle à distance et intégrer les appareils infectés à un «botnet» (réseau zombie). Mirai, Mozi et consorts visent désormais objets connectés, routeurs ou caméras IP, les transformant en armes de DDoS, spam ou minage illégal de cryptomonnaie.
  • Adwares et malwares publicitaires : Inondent l’appareil de publicités intempestives, espionnent les habitudes de navigation ou installent d’autres malwares. Leur diffusion via des applications gratuites ou clones d’apps officielles explose, surtout sur smartphone.
  • Worms et vers auto-réplicants : Moins visibles aujourd’hui, certains vers ciblent à la fois serveurs et objets connectés, exploitant des failles non corrigées pour se propager d’un appareil à l’autre sans intervention humaine.

Cette diversité se traduit par des techniques d’infection variées et une capacité à contourner de plus en plus facilement solutions de sécurité basiques.

Canaux de diffusion et modes d’infection privilégiés

  • Phishing et hameçonnage sophistiqué : Les arnaques par e-mail, SMS et réseaux sociaux sont la première attaque détectée en France en 2024. Leur réalisme croissant (clonage de sites, fausses factures, alertes bancaires, QR codes frauduleux) piège aussi bien les particuliers que les cadres dirigeants.
  • Exploits sur applications et systèmes non à jour : Les cyberattaquants scrutent les failles récentes. Un PC, smartphone ou box internet négligé devient la porte d’entrée idéale — les failles «zero day» (non publiées) restent le Graal des pirates.
  • Sites et applications infectées : En téléchargeant un logiciel hors site officiel ou une application mobile via APK, le risque d’inoculer un malware est majeur. Les faux utilitaires d’optimisation, de scan antivirus ou les copies de jeux sont des vecteurs fréquents.
  • Pièces jointes piégées et macros : Un document bureautique (PDF, Word, Excel) reçu par courriel peut embarquer des scripts malveillants. Certains malwares misent sur l’ouverture d’une simple pièce jointe et l’activation des macros Office pour se déployer.
  • Attaques par clé USB ou périphérique connecté : Insérer un média inconnu peut entraîner une exécution automatique malveillante, ciblant notamment les entreprises et infrastructures sensibles.

Le facteur humain demeure le maillon faible : empressement, manque de vigilance ou simple méconnaissance suffisent à ouvrir la porte aux menaces.

Zoom : les tendances inquiétantes en 2024

  • L’industrialisation du cybercrime : Les services de malware sur abonnement (“malware as a service”) se banalisent : même sans compétences techniques, n’importe quel individu peut commander une attaque clé en main et en suivre les résultats sur une interface dédiée.
  • L’intelligence artificielle comme alliée des malwares : Deepfakes, génération de mails personnalisés, phishing conversationnel… Les cybercriminels utilisent l’IA pour rendre leurs attaques plus crédibles et contourner les filtres anti-spam ou antivirus traditionnels.
  • Ciblage accru des smartphones et objets connectés : L’écosystème Android voit exploser le nombre de malwares bancaires, “stealers” et adwares, et les failles sur iOS sont désormais activement exploitées. Les montres connectées, caméras ou assistants vocaux deviennent nouvelles surfaces d’attaque.
  • Rançongiciels à ciblage fin : Les attaquants visent des secteurs spécifiques (santé, éducation, collectivités locales) et adaptent leur malware pour contourner précisément les protections en place.

Bonnes pratiques essentielles pour se prémunir des malwares

  • Maintenir ses logiciels et appareils à jour : Priorité absolue : appliquez sans tarder les mises à jour Windows, macOS, Android/iOS, navigateur web mais aussi box internet, objets connectés et applications installées.
  • Utiliser un antivirus et antimalware reconnus : Sur PC et mobile, privilégiez une solution de sécurité à jour, à large couverture comportementale (détection temps réel, analyse heuristique, scan cloud). Comparez les tests indépendants (AV-Test, AV-Comparatives).
  • Ne jamais cliquer sans vérifier : Pour tout lien, pièce jointe ou SMS douteux, vérifiez l’adresse, l’émetteur, la cohérence de la demande. Saisissez vous-même les adresses sensibles dans votre navigateur.
  • Privilégier les téléchargements officiels : N’installez que depuis les stores Google Play/App Store ou le site web de l’éditeur. Fuyez les cracks, applications piratées ou fichiers douteux.
  • Sauvegarder régulièrement ses données : En cas de ransomwares ou crash, une sauvegarde déconnectée permet de restaurer ses fichiers sans payer. Respectez la règle du 3-2-1 (3 copies sur 2 supports différents, dont 1 externe ou cloud).
  • Activer une authentification forte : Activez la double authentification (2FA) sur tous les comptes importants (mail, banque, cloud…). Un simple mot de passe ne suffit plus en 2024.
  • Éviter les réseaux Wi-Fi publics non sécurisés : Privilégiez le partage de connexion mobile sécurisé, le VPN ou attendez d’être sur un réseau de confiance pour accéder à des comptes sensibles.
  • Eduquer et sensibiliser : Pour les familles, entreprises et associations, sensibiliser sur les pièges modernes (phishing, QR-code, fake news) limite drastiquement l’impact du facteur humain dans la chaîne de sécurité.

La meilleure protection reste l’alliance d’outils fiables et d’une bonne hygiène numérique. Rappel : aucun antivirus n’est infaillible, la vigilance au quotidien fait la différence.

Checklist : adopter les bons réflexes au quotidien

  1. Installez et actualisez votre antivirus et anti-malware (sur tous vos appareils).
  2. Activez les mises à jour automatiques de vos systèmes et logiciels.
  3. Refusez systématiquement l’ouverture des PJ/email frauduleux ou suspects.
  4. Vérifiez l’origine des applications avant téléchargement ou mise à jour.
  5. Sauvegardez vos fichiers sensibles chaque semaine sur un support indépendant.
  6. Changez régulièrement vos mots de passe et évitez leur réutilisation.
  7. Ne branchez pas de périphérique inconnu (clé USB, disque externe).
  8. Sensibilisez votre entourage et vos collègues : partagez cette checklist !

En cas d’infection : réactions d’urgence et actions recommandées

  • Déconnectez immédiatement votre appareil d’Internet (coupure Wi-Fi, câble) pour limiter la propagation ou le siphonnage des données.
  • Lancez un scan complet avec votre antivirus, puis un outil anti-malware spécialisé (Malwarebytes, AdwCleaner…).
  • N’essayez pas de payer une rançon en cas de ransomware, le déblocage n’est pas garanti et encourage le crime.
  • Prévenez vos contacts et changez tous vos mots de passe importants (notamment mails, banques).
  • Contactez les services d’assistance ou un professionnel pour une prise en charge avancée, surtout pour les entreprises, écoles, collectivités.
  • Signalez l’incident sur la plateforme officielle cybermalveillance.gouv.fr, qui propose tutoriels et aide personnalisée.

Ressources complémentaires pour se protéger et s’informer

  • Plateforme Cybermalveillance.gouv.fr : diagnostic, conseils pratiques, assistance en cas d’incident.
  • Guides cybersécurité pratiques sur cooltech.fr : check-lists, comparatifs d’antivirus, tuto sauvegarde…
  • Alertes et bulletins de sécurité éditeurs (Microsoft, Apple, Google) pour suivre les nouvelles failles exploitées.
  • Testez vos connaissances grâce aux quiz en ligne sur la sécurité numérique pour toute la famille et l’entreprise.

Conclusion : pour une navigation sereine et un numérique sous contrôle

En 2024, la menace des malwares reste considérable, mais les outils et méthodes pour s’en prémunir sont plus accessibles que jamais. Investissez dans une routine de protection solide, sensibilisez votre entourage, et restez informé : le trio gagnant pour un numérique sécurisé et confiant.

L’équipe cooltech.fr vous accompagne toute l’année autour des enjeux cybersécurité et bonnes pratiques. N’hésitez pas à partager vos retours d’expérience en commentaire et à consulter nos dossiers détaillés pour un quotidien vraiment plus sûr.

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